Paris
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Installations dans le cadre de l’exposition Emulations II 2025 (Pavillon Comtesse de Caen, Institut de France)
SML (mandataire) / Robin Meier / Thomas Bur, Urbasense
Maquettes: Bureau Polyptyque / Pierre-Loup Boisseau
2025-2026
Jardins de l’Immersion
Tenter, pour un moment, l’expérience de l’immersion dans l’atmosphère, se faire poisson, plongé dans un milieu dense où tout est mélange. Chaque inspiration nous fait inhaler un fluide transformé par la totalité du monde. Chaque expiration transforme notre environnement et celui des autres.
Tenter l’immersion, c’est vouloir habiter l’atmosphère plutôt que la terre. C’est tenter de percevoir un monde de migrations constantes, d’interférences et de connexions, de passages et de trajectoires. Pour les percevoir, il nous faut quitter le visuel, la ligne, le sol, la propriété, pour appréhender des systèmes, des métabolismes, des échanges fondateurs de toute chose.
Dans l’atmosphère, le vivant est partout. Nous respirons ce que les plantes rejettent, les bactéries manipulent les pluies, le plancton fertilise les sols, les spores dessinent les nuages. Impossible de nous dissocier de la Nature : il n’y a qu’un souffle partagé, où tout dépend de tout. Tenter l’immersion, c’est considérer la finitude du monde et l’interpénétration de toutes les entités qui le composent.
Si la science explicite la richesse de ces interactions et notre rôle dans la co-construction de l’atmosphère, nous ne parvenons toujours pas à nous insérer dans le souffle du monde. Nous nous évertuons à considérer la terre comme un environnement dissocié auquel il nous faut nous adapter ou que nous devons contraindre.
Six jardins tentent ainsi, en partant d’une exploration des trajectoires de plusieurs agents atmosphériques, de révéler des mouvements et des passages, des migrations encore peu appréhendées, voire négligées, alors qu’elles sont le fondement de notre expérience quotidienne. Les suivre un instant, produire un espace à partir de l’échange et du souffle, pour tenter de percevoir d’autres hiérarchies, considérer ce qui est important et ce qui ne l’est pas et inventer collectivement un monde désirable autant que durable.
Lauréat du Prix Charles Abella 2025 de l’Académie des Beaux-Arts